La thérapie que je propose découle naturellement de ma vision de l'Homme, ainsi que de ma perception de la place du thérapeute.

Ma vision de l'homme

Pour moi, l’Homme est à la fois un être d’humilité et un être de liberté.

Un être d’humilité…

S’il dispose d’une grande intelligence et d'une formidable capacité d’adaptation, l’Homme n’est pas un être supérieur : il fait partie du règne animal et n’échappe pas aux lois de la nature. Comme l’ensemble des animaux et végétaux, l’Homme est mortel. Comme l’ensemble des autres espèces, ses conditions de vie (et de survie) sont étroitement liées à son environnement.

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Un être de liberté…

Je considère, en effet, que chaque personne, en dépit de ses caractéristiques innées, de son histoire personnelle, de son environnement et de ses éventuels handicaps, dispose toujours d’une certaine liberté : liberté de regarder différemment ce qui lui arrive, liberté de changer ce qui relève de son champ d’action, liberté de faire des choix éclairés, liberté d’exister…

 

 

 

 

 

 

 

De cette vision de l’Homme, découle ma sensibilité particulière aux thèses de thérapeutes et auteurs tels qu’Irvin Yalom, Victor Frankl ou François Roustang. Mais, ma pensée se nourrit également de philosophie, de littérature, de témoignages, ainsi que de ma propre expérience. Elle est ainsi en perpétuelle construction, mais toujours autour d’un noyau dur sur lequel je peux fonder ma pratique.

Je pense que chacun possède en lui des ressources nécessaires pour mettre en œuvre cette liberté en toute humilité : un accès à lui-même et à son potentiel créatif, duquel il tend naturellement à se rapprocher au fil du temps et de ses expériences de vie. Je crois, par ailleurs, que chaque individu est le meilleur expert de lui-même, que chaque personne dispose en elle des réponses originales les mieux adaptées à ce qu’elle est à un instant donné. En conséquence, il me semble qu’il n’y a aucune « vérité absolue » transposable d’une personne à une autre, qu’il n’y a aucune « recette » valable pour tous ou tout le temps.

Sculpture en bronze de

Francine Toulemonde (1950-2011)

intitulée "Histoire sans fin ?"

 

La place du thérapeute

Mais alors, si la vie conduit chacun à vivre les expériences qui le feront grandir, et si personne ne peut connaître la solution à apporter aux difficultés de l’autre, à quoi peut donc bien servir d’entreprendre une thérapie ?

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De mon point de vue, le thérapeute n’est jamais indispensable et il ne peut pas apporter de solutions toutes faites. Il est là pour aider la personne qui en a besoin à trouver le chemin de ses propres ressources, il l’accompagne et l’encourage dans un travail sur elle-même qui peut être long, fastidieux, et parfois douloureux. Il peut faciliter et accélérer le franchissement de certains obstacles, mais en aucun cas il ne peut faire disparaître ces obstacles ou les franchir à la place de la personne qu’il accompagne.

 

La thérapie que je propose

Ainsi, la thérapie que je propose ne consiste nullement en du conseil. Elle n’est cependant pas non plus une simple écoute d’une plainte qui pourrait s’avérer interminable. L’humilité du thérapeute ne doit pas conduire à de la passivité, mais plutôt s’allier à sa liberté pour conduire à une candeur créative.  

La personne que je reçois est unique et différente de moi. Je cherche à la découvrir comme si je me retrouvais face à un nouveau territoire : c’est elle qui me guide dans son paysage intérieur, mais je l’accompagne avec candeur et bienveillance, n’hésitant pas à l’interroger sur les chemins qu’elle emprunte, à l’inciter à s’arrêter quelques instants pour prendre le temps de regarder autour d’elle et de s’orienter, à lui montrer les autres sentiers que j’aperçois et qu’elle semble ignorer, à partager avec elle ce que je vois et ressens pendant que nous cheminons ensemble...

 

Cet exercice peut être plaisant : se sentir écouté, accueilli, accompagné, encouragé… dans sa quête. Mais la thérapie que je propose ne doit pas être confondue avec du bien-être. Elle implique de plonger profondément en soi et vise à y réajuster quelque chose. Dans cette démarche, il y aura probablement des moments difficiles : explorer des zones sombres, prendre conscience que l’on est peut-être en train de se tromper de direction, gravir des montagnes, franchir des obstacles... n’est pas de tout repos, et peut parfois même engendrer un certain découragement. Mais les difficultés rencontrées sont le signe que quelque chose bouge, et donc que l’on est sur la bonne voie.   

"Arbre de vie" de Gustav Klimt,

entre "l'attente" et  "l'accomplissement",

détail extrait du projet de mosaïque

pour la Villa Stoclet

© 2017 par Charlotte Bodin-Belmont